• Huayna Potosi (6088m), La Paz, Bolivie

L’ascension du Huayna Potosi

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Lorsque l’on se trouve dans des pays comme la Bolivie et le Pérou avec des hauts-plateaux, il semble plus facile de faire une ascension au-dessus de 6000 mètres, certains sont même accessibles sans crampons, n’ayant pas de neige au sommet. Il faut cependant rester vigilant car le plus difficile restela gestion de l’altitude. Les agences de La Paz font la publicité du Huayna Potosi en disant « C’est le 6000m le plus facile au monde », mais il faut rester conscient que 6000 mètres, c’est déjà très haut et que c’est de l’alpinisme : une bonne condition physique est nécessaire ainsi qu’une bonne acclimatation.

Préparatifs

Nous sommes arrivés à La Paz après avoir fait le lac Titicaca, nous avions donc déjà passé assez de journées aux environs de 4000m pour y être bien acclimaté. Nous avons fait un tour des blogs et sites internet pour avoir des informations sur ce que proposaient les agences et ce à quoi il fallait faire attention, avant de faire le tour des agences à La Paz (Calle Sagarnaga). Notre décision s’est portée sur l’agence « Inca Land Tours » car ils étaient très professionnels, avaient des guides formés et proposaient l’équipement complet (dont les lunettes de soleil et un sac à dos de 25L). Nous n’avons pas une seul fois regretté notre choix, car ils étaient vraiment au top.

Premier jour

Rendez-vous à 8h à l’agence pour prendre un petit déjeuner et s’équiper avant de partir en voiture vers le Base Camp, situé à 4700m. Le refuge est très simple, axée autour d’une grande salle commune, et on se sent à la montagne. Après un repas de midi, on part s’entrainer sur le glacier. On y fait les quelques exercices de base nécessaires pour s’en sortir sur la glace : marcher en cordée, planter ses crampons, utiliser son piolet, monter et descendre des pentes plus ou moins raides et escalader un mur de glace (3-4m) puis redescendre en rappel. Notre guide, Théo, nous explique tout avec précision et toujours avec une touche d’humour. Il nous met en confiance et nous explique les trucs et astuces pour arriver au sommet : marcher lentement et de manière continue. La première soirée se déroule dans une bonne ambiance, à boire du maté de coca et taper la carte. Nous sommes trois grimpeurs avec Inca Land Tours, et 3 suisses d’une autre agence, plus les guides. Chaque cordée est composée d’un guide et de maximum 2 touristes.

Deuxième jour

Après une bonne nuit de sommeil (nuit très importante, car la suivante sera très courte) et un bon petit déjeuner, nous avons deux heures pour aller nous promener aux environs du refuge. Le guide nous conseille de monter, pour s’acclimater, donc nous grimpons en grande partie la montagne derrière le refuge, ce qui nous permet d’avoir une superbe vue sur le Huayna Potosi. Nous mangeons vers midi puis préparons nos sacs, qui s’alourdissent bien avec le matériel d’alpinisme : piolet, crampons, baudrier, … ça pèse ! Début d’après-midi, nous partons pour le High Camp, situé à 5130m, la montée est raide mais ne dure que deux heures. Le refuge d’altitude se compose essentiellement d’une grande pièce avec de longues tables et des lits superposés. Nous sommes une douzaine à y dormir. L’ambiance y est très particulière, on parle des ascensions que certains ont déjà faites, de l’impatiente de commencer à grimper mais aussi de ce qui nous stresse tel que l’altitude et la fatigue, le tout autour d’un maté de coca et de jeux de cartes. Vers 16h30, c’est l’heure du souper car à 17h30 on fait un topo avec le Théo et puis il faut dormir, ou du moins essayer…

Troisième jour

Réveil 23h30, malgré les quelques petites heures de sommeil seulement, tout le monde est vite debout et commence à se préparer tout en grignotant un petit en-cas et du maté de coca. Le stress est palpable dans l’atmosphère du refuge. Cela s’annonce bien, les conditions météo sont parfaites : ciel 100% dégagé (on voit super bien les étoiles ainsi que les lumières de La Paz au loin dans la vallée) et pas un souffle de vent (ce qui nous permet de ne pas devoir mettre trop de couche de vêtement). Nous commençons à marcher vers 00h30, la première vingtaine de minutes sur un chemin rocailleux, aux lueurs de nos lampes frontales. Arrivés à la partie glacière, nous mettons nos crampons et formons la cordée : les choses sérieuses commencent ! Pour le moment nous nous sentons bien. La montée prend 4 à 6 heures, avec des parties faciles peu pentues, d’autres plus raides et deux passages plus techniques. Le premier, vers 5600m, est un mur de glace, incliné à 60° où il faut bien prendre son temps pour planter son piolet et ses crampons. Le deuxième passage plus technique, vers 5900m, est un passage sur roche, d’une dizaine de minutes. Marcher sur des rochers avec des cramons est bien plus difficile car on n’a pas le même équilibre. Il y a un passage-clé où il est possible d’avoir des petits éboulements, ce qui est arrivé à Nathalie qui a donc glissée et rattrapée par le guide et Guillaume, grâce à la cordée. Nous commençons à sentir les effets de l’altitude plus fortement, maux de têtes, ventre noué, et respiration difficile. C’est supportable mais il faut rester rudent, on calme un peu le rythme. Les Snickers gelés nous redonnent de l’énergie.

L’arrivée au sommet, vers 5h30 du matin pour le lever du soleil, nous a coupé le souffle ! La vue à 360° est magnifique et nous ferait presque oublier les efforts fournis pour y arriver. Nous y restons une dizaine de minutes, pour prendre quelques photos et manger un peu de chocolat, avant de redescendre un peu pour laisser la place aux suivants : la crête est étroite ! Après avoir redescendu une première partie, nous arrivons sur une plaine où nous pouvons nous reposer quelques minutes, prendre des photos de notre exploit et boire un petit coup (merci les suisses). Nous reprenons notre descente, lentement car la fatigue se fait vraiment ressentir. Arrivés au mur de glace, le guide fait descendre Nathalie en rappel alors que Guillaume ouvre la voie, à l’aide de son piolet et des crampons, c’est crevant. Nous arrivons vers 8h au High Camp où nous avons une petite heure pour boire un maté de coca et faire les sacs. Nous redescendons au Base Camp puis à La Paz dans la foulée. Il est 14h, après une rapide douche, nous dormons toute l’après-midi…

Après une bonne et longue nuit de repos, nous faisons un peu le point : c’est une ascension superbe que nous avons adoré faire. Nous avons tous les deux étés surpris par les passages plus techniques et certaines parties plus raides, ce qui rend la montée difficile. Le guide et l’agence ont été vraiment très professionnels, nous étions en confiance avec eux. Et pour finir, on est bien fiers d’avoir réalisé cet exploit !

 

 

Conseils pratiques :

– Agence : Inca Land Tour.

– Prix : 1000 bolivianos/personnes (3j/2n – équipements tout compris, entrée du parc incluse)

– Réservation : L’ascension se réserve très facilement depuis La Paz, et cela même la veille du départ.

– Durée : 3 jours/2 nuits (possibilité de le faire en 2 jours/1 nuits mais fortement déconseillé par les guides).

– Equipements : Casque, lampe frontale, bonnet, passe-montagne, lunettes de soleil, veste coupe-vent/pluie, polaire, gants, sous-gants, baudrier, sur-pantalon, pantalon, collants, guêtres, chaussures rando, chaussures glacier, crampons, sac à dos 50-70L, sac à dos 20-30L, sac de couchage.

– Acclimatation : Etre depuis au moins une semaine en altitude (Pérou – Bolivie). Vaut mieux prévoir l’ascension en fin de voyage.

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